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L'Union européenne doit se prononcer lundi

L'indépendance, soumise pour une durée indéterminée à une supervision internationale, devrait être reconnue rapidement par les Etats-Unis et plusieurs grands pays de l'Union européenne.


Washington a "pris note" de la proclamation et appelé toutes les communautés du Kosovo au calme. "Nous évaluons cette question et nous en discutons avec nos alliés européens", a déclaré le département d'Etat.


L'UE se réunira, elle, lundi à Bruxelles au niveau des ministres européens des Affaires étrangères. Au cours de cette réunion, les pays européens espèrent sauver les apparences en adoptant une déclaration commune, malgré le refus d'une partie d'entre eux de reconnaître l'indépendance.


Quatre "grands" pays européens - Grande-Bretagne, France, Allemagne et Italie - devraient confirmer leur intention de reconnaître rapidement le Kosovo. Ils espèrent entraîner dans leur sillage une majorité d'autres pays, même si le calendrier des reconnaissances effectives reste imprévisible.


Mais six pays (Chypre, Grèce, Espagne, Bulgarie, Roumanie, Slovaquie) ont dit clairement qu'ils n'étaient pas prêts à reconnaître ce nouveau micro-Etat issu de l'ex-Yougoslavie.


Les diplomates des 27 ont donc planché dimanche soir sur une déclaration de compromis, "une plateforme qui permettrait de rassembler quasiment tout le monde", sauf peut-être Chypre, la plus opposée à cette indépendance, comme l'a expliqué le chef de la diplomatie suédoise Carl Bildt.


Dernière mise à jour : 18 février 2008 à 08:43

De violents incidents ont secoué Belgrade dimanche soir De violents incidents ont secoué Belgrade dimanche soir   [Reuters]

Kosovo indépendant: émeutes à Belgrade

Le Conseil de sécurité de l'ONU a refusé dimanche soir la demande de la Russie d'annuler la proclamation d'indépendance du Kosovo. Dans le même temps, de violents incidents ont éclaté à Belgrade.

Plus de soixante personnes ont été blessées dimanche soir dans la capitale serbe dans les débordements qui ont accompagné les manifestations contre la proclamation d'indépendance du Kosovo survenue plus tôt dans la journée à Pristina. Une trentaine de blessés sont des policiers, rapporte l'agence APA.

En soirée, la police a empêché les manifestants de pénétrer dans le quartier de Belgrade où se trouve l'ambassade d'Albanie. Parmi les manifestants se trouvaient de nombreux "hooligans", supporteurs d'équipes de football.

Appel de Ban Ki-moon

Après la réunion du Conseil de sécurité, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a appelé les Serbes et les Albanais à éviter toute violence. Il a également demandé aux Serbes et aux Albanais d'éviter toute déclaration qui puisse mettre la paix en péril.

Cette appel a suivi la réunion du Conseil de sécurité demandée par la Russie au cours de laquelle les différences d'opinion sont restées fondamentalement les mêmes. Moscou avait réclamé dans la journée que les Nations unies annulent la proclamation de l'indépendance.

"Nous attendons que la mission de l'ONU et les forces de l'OTAN présentes au Kosovo interviennent immédiatement pour mettre en oeuvre leur mandat (...) comprenant l'annulation de la décision des institutions autonomes de Pristina et pour prendre des mesures administratives énergiques à leur encontre", a déclaré dans un communiqué le ministère russe des Affaires étrangères.

"La décision des dirigeants du Kosovo crée un risque d'escalade de la tension et des violences interethniques dans la province, et d'un nouveau conflit dans les Balkans", poursuivait-il.

Le nouveau drapeau du Kosovo: en jaune, le tracé du territoire.
Le nouveau drapeau du Kosovo: en jaune, le tracé du territoire.
Agrandir l'image Le nouveau drapeau du Kosovo: en jaune, le tracé du territoire.   [Reuters]

Nouvelle réunion lundi

Après la réunion, la Chine a employé presque les mêmes termes, disant craindre des réactions en chaîne et d'importantes répercussions négatives sur la paix et la stabilité de la région des Balkans. Pékin n'a cependant pas soutenu la Russie dans sa demande d'annulation de la déclaration d'indépendance. La Chine s'est bornée à se dire "profondément préoccupée" par la situation.

Malgré l'impasse au Conseil de sécurité, Moscou et Belgrade ont réclamé la tenue lundi d'une nouvelle réunion extraordinaire en présence du président serbe Boris Tadic. Les représentants occidentaux ne s'y sont pas opposés. Elle sera ouverte à la presse.

afp/nr